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Selon la dernière enquête PISA, une évaluation de la performance des systèmes éducatifs de plusieurs pays mondiaux, la France est plutôt bien classée, mais est la plus inégalitaire. Les élèves qui viennent de milieux défavorisés ont toujours plus de difficultés, peu importe les multiples réformes mises en place. Mais avant d’affronter l’international, concentrons-nous sur le local. Avec ses 425 établissements, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, la Guadeloupe est-elle une bonne ou une mauvaise élève ? Retour sur le classement des collèges, lycées, et de l’enseignement supérieur de la Guadeloupe.

 

Du positif tout d’abord avec les collèges. Sur les 53 collèges qu’elle compte, la Guadeloupe a su se distinguer l’année dernière dans un classement national. Sur quels critères ? D’abord sur le taux de réussite au brevet ainsi que sur le taux d’élèves ayant obtenu une mention. C’est une troisième place que la Guadeloupe décroche derrière l’académie de Rennes et celle de Paris. En 2016, le taux de réussite au brevet était donc de 85,10% dont 67,53% d’élèves ayant obtenu une mention.

Malheureusement, les choses se gâtent pour nos lycéens que l’on va diviser entre les lycéens issus des lycées généraux, technologiques, et polyvalents et ceux des lycées professionnels.

Toujours d’un point de vue national, le classement suivant s’appuie le taux de réussite au baccalauréat ainsi que sur des points dits de valeur ajoutée. Sous forme de points ou de pourcentages, la valeur ajoutée se traduit par la capacité des établissements à faire réussir leurs élèves. Par exemple avec des objectifs fixés en début d’année qui sont finalement, atteints, des méthodes d’éducation spécifiques ou du matériel adapté.

Ainsi, dans le top 100 de ce classement, seulement trois lycées représentent la réussite guadeloupéenne sur les 25 lycées généraux, technologiques et polyvalents de l’île. Le seul qui est situé dans la première moitié du classement est le lycée de Ste-Anne avec tout de même 98% de réussite mais 16 points de valeur ajoutée lorsque le premier du classement en empoche 28. Dommage que Saint-Martin ne fasse plus partie de la Guadeloupe car c’est son lycée qui remporte la première place, le lycée Robert Weinum. Les deux autres lycées présents dans le classement sont :

  • Le lycée polyvalent Nord Grande-Terre à Port-Louis à la 59e place avec 91% de réussite et 13 points de valeur ajoutée
  • Le lycée Maîtrise de Massabielle à Pointe-à-Pitre à la 78e place avec 98% de réussite mais seulement 11 points de valeur ajoutée.

 

Pour les lycées professionnels avec le même classement, la présence de la Guadeloupe est légèrement plus importante avec cinq lycées dont un dans les 10 premiers. Il s’agit du lycée Gerty Archimède à Morne-à-l’eau qui obtient la 5e place avec 95% de réussite et une note de 18,2. Viennent ensuite :

  • Le lycée de Pointe-Noire à la 19e place avec 94% de réussite et une note de 16,9
  • Le lycée Les Persévérants à Basse-Terre à la 68e place avec 92% de réussite et une note de 16.
  • Le lycée Raoul Georges Nicolo à la 78e place à Basse-Terre également avec 96% de réussite et une note de 15,9.
  • Enfin le lycée hôtelier du Gosier s’intègre de justesse avec sa 99e place pour ses 97% de réussite et sa note de 15,6.

 

Une fois le baccalauréat en poche, ce n’est pas la liberté comme certains innocents aiment à le penser. Le plus dur reste à faire et si vos orientations choisies sur le fameux site admission post-bac vous ont été favorables, vous vous plongez dans l’enseignement supérieur. Deux possibilités s’offrent à vous si vous souhaitez rester aux Antilles : l’université ou les classes préparatoires. Pour les écoles spécialisées, il faudra voir plus loin.

L’université Antilles-Guyane, divisée en deux campus ne jouit pas d’une très bonne position. Sur 74 universités et s’appuyant sur le taux de réussite en trois ans (donc sans redoublement) dans le cadre de l’obtention d’une licence, l’université se classe à la 70e place. Parlons du taux de redoublement donc. Il place la Guadeloupe à la 69e place, toujours sur 74 universités. Mais le classement le plus inquiétant est le taux de passage en deuxième année. C’est le pire score possible car l’université est à l’avant-dernière position. En résumé, un étudiant sur cinq seulement réussit sa première année.

Pour les classes préparatoires, trois sont proposées en Guadeloupe. La prépa littéraire à Gerville-Réache, la prépa scientifique à Baimbridge et la prépa technologique et sciences de l’ingénieur à Coeffin. La plus mal lotie est celle de Coeffin qui se retrouve 60e sur 64. Vient ensuite la scientifique de Baimbridge qui est presque dans la moyenne avec sa 69e place sur 112. Enfin, celle qui sort son épingle du jeu est la prépa littéraire. Avec un taux de réussite de 29,4% basé sur l’intégration des élèves au sein de grandes écoles, elle obtient la 4e place du classement.

 

Que peut-on en déduire ? Qu’il y a de profondes disparités au sein de l’enseignement en Guadeloupe. Pourquoi les collégiens s’en sortent si bien alors que les étudiants de l’université si mal ? Ce n’est donc pas uniquement un problème de niveau lorsque l’on voit les bons résultats des collégiens et ceux des étudiants de prépa littéraire. Ni un problème d’âge puisque la différence entre un collégien et un étudiant est plutôt importante. Ce qu’on retenir, c’est que le problème ne s’étend pas à l’île entière. La faute vient aussi bien des enseignants que des élèves. S’il les enseignant ont besoin de plus de formations, les élèves se doivent d’être plus rigoureux, à commencer par l’université des Antilles-Guyane dont le classement ne peut que difficilement baisser. Au boulot !